La Maîtrise chalonnaise est partie à Rome très préparée. Son nouveau directeur musical et artistique depuis septembre 2023 est Oussama Mhanna, un chef d’orchestre de seulement 31 ans mais aux multiples casquettes. Par exemple, celui qui est aussi directeur de l’Ensemble choral chalonnais, est directeur musical associé de l’académie de « Musique au fil de l’Indre ». Depuis deux ans, il dirige l’Ensemble Dynamique, un ensemble professionnel vocal et instrumental, qui se concentre sur la création musicale contemporaine et qu’il a créé. Auparavant, il a été choisi par Martina Batič, cheffe principale du Chœur de Radio France, pour travailler avec elle. Parmi ses expériences, on compte également l’Orchestre national d’Île de France et l e Paris Mozart orchestra.
« J’ai appris la musique par oreille »
Mais si cette liste non exhaus- tive ne vous impressionne pas, Oussama Mhanna répète avec les chanteurs de la Maîtrise en vue de leur voyage à Rome. Photo Valentin Pacaud
peut-être que son parcours vous paraîtra plus éloquent. Parce qu’Oussama n’a pas baigné dans une famille de musiciens, ou bénéficié de l’avantage d’un professeur. Ce jeune d’origine libanaise a grandi à Rachaya, une petite ville très éloignée de la capita- le, Beyrouth. « Il n’y avait pas de prof de musique, pas de conservatoire. J’ai découvert la musique par hasard », se sou- vient le jeune homme. Ce hasard se produit à l’âge de six ans quand son père lui offre un piano électrique. « J’ai essayé de jouer par moi-même. J’ai appris à jouer à l’ oreille jusqu’au moment où j’ai pu quitter la ville pour l’université. Je ne savais pas lire une partition avant ».
C’est en travaillant par lui-même sur internet qu’Oussama peut ainsi se préparer, vers l’âge de 17 ans et grâce à inter- net, au concours d’entrée à l’université pour étudier la musicologie. Avant, il ignorait tout du solfège. Une fois diplômé, il devient alors chef de chœur à Beyrouth. Mais son envie de perfectionner son art l’emmène, à l’âge de 27 ans, en France où il part étudier à l’École normale de musique de Paris et au conservatoire. Parallèlement, il suit des cours dans une école italienne, l’Accademia Direttori di Coro pour se spécialiser dans la direction de chœur.
Le Petit Prince et Brundibar
Et l’enfant du Liban devint un chef d’orchestre et de chœur depuis reconnu. Et dont profi- tent désormais les élèves de la Maîtrise chalonnaise avec un enseignement éclectique. « Je respecte l’ADN de la Maîtrise en leur permettant de chanter des musiques religieuses, mais pas que. Par exemple, pour la fin d’année, nous préparons un opéra basé sur Le Petit Princede Saint-Exupéry. Ou encore Brundibar, un opéra d’enfants joué dans un camp de concen- tration pendant la Seconde Guerre mondiale », détaille-t-il. Parce que la musique, comme Oussama, ne connaît ni limite, ni horizon.
● Valentin Pacaud
